Tirelire providentielle !

Article rédigé par Daniel David
À l’heure de la rentrée politique, que les critiques fusent de partout, et qu’au sein du gouvernement on assiste au combat des ministres concernant le paiement des arrêts maladie de courte durée, qui se soucie aujourd’hui des retraités (dont je fais partie) et que l’état a spolié sans éveiller de sanglantes polémiques !
Ces retraités qui participent aujourd’hui à l’économie du pays et dans une certaine mesure à la consolidation des retraites à venir supportent sans remise les augmentations des impôts, mutuelles, assurances, énergies, carburants, péages, amendes… et j’en passe.
Quel appareil ou quel homme politique a permis aux retraités d’être entendus : aucun !
Et pourquoi ? « On ne discute pas avec une brouette, on la pousse ». Expression connue du public et reprise, entre autres, par Jean Hédou, dans son intervention du 22 septembre 2015 « Quand le salarié trinque » [1].

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Les politiques et le « stade du non »

Les politiques et le stade du non

Après la tragédie de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, le 14 août dernier, on a pu lire dans certains médias que le mouvement 5 étoiles (M5S), actuellement au pouvoir, parlait en 2013 des risques potentiels liés à cet ouvrage, comme :

“ de la petite fable [qui annonce] l’effondrement imminent du pont Morandi […]”. [1].

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Loi divine ou loi des hommes

Femmes militantes
Le projet de réforme en Tunisie visant entre autres choses à promouvoir l’égalité des hommes et des femmes dans le cadre de l’héritage semble ne pas faire l’unanimité. On penserait facilement que le clan des opposants est composé uniquement par des hommes, mais il n’en est rien et l’on a pu voir défiler des femmes totalement opposées à l’amélioration financière de leur sort, au décès de leurs parents. C’est ainsi qu’on peut lire dans un récent article paru dans Rfi Afrique.

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La critique pathologique

critique pathologique

Selon une enquête européenne faite en 2017, il semblerait que les Français soient en grande majorité méfiants vis-à-vis de leurs institutions.

“71 % ont une confiance faible (comprise entre 1 et 4 sur une échelle allant jusqu’à 10) en leur gouvernement et 65 % vis-à-vis de leur parlement.” [1]

Ce manque de confiance entraîne une critique systématique des actions entreprises.

Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que tout a été mis en place pour que la critique devienne le passe-temps incontournable des Français.

Ainsi Philippe Garraud et Jean Louis Briquet font le constat suivant :

“En l’état actuel des choses, dès qu’on engage un entretien ou une conversation sur des sujets politiques, nombreux sont ceux, on l’a dit, qui font état de critiques souvent vives et rares sont ceux qui s’abstiennent d’en formuler.” [2]

Si les critiques sont généralement dirigées sur des décisions qui entraînent un changement dans leur vie, les Français ne s’en tiennent pas là et portent un avis négatif sur la vie de leur président de la République.

Ainsi chaque année, la manière dont notre chef d’État passe ses vacances est systématiquement remise en question. Ce sujet est longuement mis en lumière par nos médias et fait alors l’objet d’interminables polémiques, que ce soit sur le lieu, sur la durée, sur le comportement vis-à-vis de la population locale… Bref, chacun y va de son commentaire et de ses critiques. Le tour est joué, car on a réussi à occuper son esprit, au détriment des problèmes de fond volontairement occultés. 

Cependant, il faut remarquer que si tout le monde porte un jugement critique en politique, de moins en moins de citoyens vont voter.

Critiquer systématiquement ne serait-il pas un des symptômes d’une société en souffrance ?

Si porter un jugement négatif sur l’autre est un puissant exutoire, il est aussi un excellent moyen de créer du lien social. Former un groupe de mécontents, c’est une façon de projeter son mal-être, de rejeter les mauvais objets qui nous habitent et qui font grandir notre sentiment d’insécurité.

Cependant, s’il est sain de garder un esprit critique, le grand danger lorsqu’il s’exerce de manière permanente, c’est le risque de basculer inexorablement dans le rejet de l’autre. 


[1] http://www.europe1.fr/societe/defiance-politique-un-malaise-francais-3007976

[2] https://books.openedition.org/pur/24772?lang=fr

Perversion narcissique

LA PERVERSION NARCISSIQUE

1. Définition de la perversion narcissique

La perversion narcissique est un trouble du comportement qui a été décrit pour la première fois par Paul-Claude Racamier, psychiatre et psychanalyste. Il parle de ce trouble de la manière suivante :

“Définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l’abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile et un faire-valoir ».[1]

C’est au cours de ses études sur la psychose qu’il remarque chez les sujets atteints de schizophrénie un rejet systématique de tout conflit psychique et un transfert sur les autres. Il parlera alors « d’expulsion ».

C’est un mécanisme de défense que le sujet va mettre en oeuvre pour tenter de  dénier ses conflits internes, car il ne veut ni souffrir ni se remettre en question. Il va alors les rejeter vers les autres, en préservant ainsi sa puissance narcissique, tout en tirant une certaine jouissance de la souffrance de l’autre. C’est en quelque sorte en se nourrissant de l’autre que le pervers narcissique peut exister.
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Meurt-on encore de vieillesse aujourd’hui ?

Mourir de vieillesse

Le 6 août dernier Joël Robuchon, chef français mondialement reconnu, est mort. Dans un article du Figaro que lui consacre Colette Monsat, on peut lire :

« À 73 ans, il a succombé à un méchant cancer qu’il a tenu à distance aussi longtemps que possible […]. Opéré il y a plus d’un an d’une tumeur au pancréas qui l’avait beaucoup affaibli… »

Ainsi s’il fut un temps où les médias parlaient de longue et douloureuse maladie, sans autre précision, on constate qu’à présent ils la nomment. On meurt donc aujourd’hui accidentellement ou des suites d’une maladie dûment répertoriée. Devons-nous en conclure que plus personne ne meurt simplement de vieillesse ou qu’il est préférable de ne pas en parler ?

Et pourtant cette fin de vie mérite qu’on en fasse l’éloge puisque selon une étude américaine :

« Sur un échantillon de mille personnes, représentatif de la population mondiale, on a constaté que les personnes mourant de vieillesse vivaient en moyenne sept à huit ans de plus que les personnes emportées par une maladie. » [1]

Avons-nous donc si peur de la vieillesse que nous lui retirons le droit d’être nommée comme cause de notre mort qui est, somme toute, l’aboutissement normal de toute existence ? 

De plus, si l’on se réfère aux différentes fins de vie évoquées par Marie-Thérèse Leblanc Briot dans un rapport remis le 21 janvier 2014 au ministre de la Santé par le professeur Régis Aubry [2] :

« La trajectoire 1 : “mourir de vieillesse ?”: une fin de vie longue et progressive”.

La trajectoire 2 : “la fin de vie avec une maladie chronique grave” : trajectoire marquée par des épisodes aigus.

La trajectoire 3 : “la fin de vie avec le cancer” : une trajectoire courte marquée par une phase terminale précise ».

S’éteindre lentement parce que nos fonctions vitales sont usées apparaît comme une fin de vie des plus honorables !


[1] http://www.legorafi.fr/2016/03/16/mourir-de-vieillesse-rallongerait-la-duree-de-vie-de-dix-ans-en-moyenne/

[2] https://www.cairn.info/revue-jusqu-a-la-mort-accompagner-la-vie-2014-4-page-97.htm

Qui est l’écrivain de 2018 ?

Je viens de lire ce matin un document d’archives de l’Express. Il s’agit d’un article écrit le 10 octobre 1963 par Jean-Louis Bory et intitulé « Le chemin de croix de l’écrivain, ou comment gagner son pain et publier son œuvre ».

Plus d’un demi-siècle s’est écoulé et le titre de cet article demeure d’une étonnante actualité. Pourtant le progrès a permis de moderniser les outils de l’auteur. Il n’a plus besoin de collectionner les cahiers couverts de mots écrits et raturés, il laisse son imagination vagabonder sur le clavier de son ordinateur. Il ne passe plus des heures dans des bibliothèques pour ses recherches, il clique sur internet. Il n’attend plus qu’un éditeur trouve son manuscrit digne d’être publié, il s’autoédite. Il fait sa propre publicité sur Facebook, Twitter et autres. Et pourtant les mêmes obstacles demeurent et la course au succès est toujours aussi rude.

Ainsi si Jean-Louis Bory écrivait à l’époque :

« Vous travaillez alors à aménager votre métier (dont vous ne savez plus très bien s’il est le premier ou le deuxième) en fonction de votre activité littéraire »,

il faut bien admettre que c’est exactement la même chose aujourd’hui. Combien d’auteurs vivent de leur plume ? Combien doivent trouver d’autres moyens d’existence ? Combien d’apprentis auteurs ressortent périodiquement un récit commencé, tentent de le poursuivre ou de le refaçonner pour le mettre au goût du jour ? Souvent découragés, ils parcourent alors la toile, alléchés par les promesses de réussite que leur vendent certains sites. Puis la plupart d’entre eux finissent par abandonner.

Aujourd’hui, la concurrence est encore plus rude dans un monde où il est si facile d’écrire quelques pages et de les publier. Les plateformes regorgent de livres plus ou moins bien écrits, passés à la moulinette des correcteurs en ligne pour tenter de pallier les fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, de typographie… Le meilleur côtoie le pire. Malheureusement, au milieu de cette marée littéraire, sont probablement noyés des chefs-d’œuvre dont nous n’entendrons jamais parler ; ils auront péri avant même d’exister.

Devons-nous nous réjouir de la facilité avec laquelle il est aujourd’hui possible de s’autopublier et de brader son travail dans le seul espoir d’être lu ? Devons-nous nous résoudre à investir chez des éditeurs spécialistes de la publication à compte d’auteur, toujours plus nombreux, sans avoir la moindre idée de la qualité de notre travail ? Je n’en suis pas certaine. 


https://www.lexpress.fr/culture/livre/1963-gagner-son-pain-grace-a-sa-plume_2018189.html

Une femme maltraitée

Annabelle et Jérôme s’étaient rencontrés chez des amis communs lors d’une soirée d’anniversaire. Annabelle sortait d’une déception amoureuse qui l’avait profondément éprouvée et elle n’était pas prête à se lier à nouveau. Il avait fallu que Jérôme se montre à la fois patient et tenace pour qu’elle accepte de le revoir après cette soirée.

C’est Virginie, sa meilleure amie qui fêtait ses trente ans. Elle l’avait convaincue de venir en lui disant qu’il fallait qu’elle se change les idées. En fait, elle avait en tête de lui présenter Jérôme, un collègue de Marc, son mari. Elle savait qu’Annabelle avait vécu des moments difficiles lors de sa séparation. Cela ne l’avait d’ailleurs pas étonnée, car Christian ne lui avait jamais plu et elle n’avait pas été surprise qu’il fasse souffrir son amie avec ses incartades à répétition. 

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Le syndrome de Münchhausen par procuration

1. Le syndrome de Münchhausen et le syndrome de Münchhausen par procuration (SMPP)

1.1. Définition du syndrome de Münchhausen 

C’est Asher, médecin britannique, endocrinologue et hématologue qui a introduit le terme de syndrome de Münchhausen en 1951. Ce syndrome porte le nom d’un baron allemand qui vécut au 18e siècle et qui était considéré comme un être affabulateur, ce que sont les sujets atteints de ce syndrome puisqu’ils s’inventent des maladies et décrivent des troubles factices dans le but d’attirer l’attention du corps médical.

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Un enfant malade

Gisèle sort de la chambre de Marc.  Le médecin de garde qui a examiné son fils dès son arrivée la regarde s’éloigner dans le couloir. Il est perplexe. Lorsqu’elle s’est présentée aux urgences deux heures auparavant, elle semblait complètement affolée. Son discours n’était pas très clair et le docteur Denis avait eu bien du mal à comprendre ses explications. Elle lui avait dit que son fils n’arrêtait pas de vomir depuis la veille au soir, et qu’il se plaignait du ventre. L’examen du petit garçon âgé de dix-huit mois n’avait rien révélé de significatif. Pourtant à cet âge, des vomissements répétés risquent de provoquer rapidement une déshydratation. Or, il n’en était rien. 

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